Accueil > Espace pros > Ça presse ! > « Je ne prends ni cortisone ni médicaments ! »

La Tour-de-Peilz. Les amis du boulevard romand proposent « La Bonne planque » au théâtre des Remparts. Dans cette pièce rendue célèbre dans les années soixante par Bourvil, Pierre Aucaigne reprend le personnage interprété par l'illustre acteur français. Rencontre avec ce comédien qui s'est aussi fait connaitre par ses one man shows ébouriffants.

Pierre Aucaigne marche dans les traces de Bourvil en reprenant le personnage d’Antoine, auquel il lui ajoute ses fameux tics.

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« Cessez ! » Qui n’a pas encore entendu la réplique culte de Pierre Aucaigne ?
L’humoriste français interprète Antoine, le gentil hébergeur de La Bonne planque.
Les amis du boulevard romand ont décidé de reprendre cette pièce culte, diffusée à la télévision en 1965. L’émission connut un tel succès qu’elle a été reconduite et intitulée Au théâtre ce soir.
La Bonne planque a déjà tourné en Suisse romande et s’arrête du 10 au 12 février à la salle des Remparts, à la Tour-de-Peilz.
L’occasion de poser quelques questions à Pierre Aucaigne, qui après avoir vécu quelques années en Belgique, s’est installé en Suisse.

Votre caractère se retrouve-t-il dans le personnage d’Antoine ?

> Il n’a pas été facile de reprendre le rôle-titre de Bourvil. Mais oui, j’apporte ma personnalité, sans toutefois déflorer le personnage. Tout le monde contribue et met son grain de sel. La mise en scène est aussi adaptée, en tâchant de la mettre dans l’ambiance des années soixante. Nous avons imaginé à l’origine la pièce en noir et blanc, mais c’était trop compliqué techniquement.

Y a-t-il une attente du public pour vos mimiques ?

> En toute modestie, oui. Il y a une marque qui attire les gens. Mais pas uniquement de mon cru, nous avons tous participé au succès. Les comédies de boulevard plaisent, et nous avons sélectionné celle-ci également en lien avec l’attente du public. Elle est très connue et imprimée dans la mémoire collective. Elle a traversé les générations, et les jeunes peuvent désormais la découvrir. Avec, au rendez-vous, les répliques cultes, comme celle du téléphone.

Êtes-vous dans la vie comme sur scène ?

> Oui et non. Je suis un peu tête en l’air, je me marre, mais je ne suis pas au stade de mes personnages. Quand je conduis, je prête attention aux autres usagers de la route. Je ne suis pas non plus totalement perdu dans la vie. Je porte un peu des rôles que j’incarne, mais cela se passe bien.

D’où tirez-vous votre énergie ?

> Je ne prends aucune cortisone, ni aucun médicament ! (rires) Je mange normalement, je bois du fendant et de la petite arvine, et tout va bien ! C’est dans ma nature, et j’essaie de garder cette pêche, de la transcender. Sur scène, c’est un peu le marathon, du sport condensé. Au moment de sortir, autant dire que j’ai mouillé ma chemise ! Je transpire beaucoup, surtout en spectacle solo. C’est ma façon de jouer et j’ai toujours fait de cette manière.

Quelles sont vos inspirations ?

> C’est un peu un mélange. Mais ma principale recette s’inspire des gens, la muse de mes personnages. Je suis un peu le miroir des autres, et j’y ajoute beaucoup de travail d’improvisation. Même une soirée à rigoler entre amis peut déboucher sur des sketches. J’aime observer le monde autour de moi et le comportement humain.

Aujourd’hui, le trend n’est plus aux personnages, mais plutôt de rebondir sur l’actualité...

> Oui c’est un peu un phénomène générationnel. Le travail est différent et concerne moins l’interprétation de rôles sortis droit de l’imaginaire. Mais les modes changent, évoluent et on revient doucement aux personnages. Je n’ai personnellement rien contre le stand-up, si ce n’est son format uniforme. C’est un peu trop systématique et il n’y a plus réellement de grande surprise. Différent d’un Bernard Haller ou d’un Alex Métayer, où le travail est abouti, plaisant et diversifié.

Que pensez-vous du paysage de l’humour suisse ?

> La surface du pays est petite et le nombre de comédiens est donc en proportion. Mais c’est un humour qui me correspond. Je connais de longue date Cuche et Barbezat et j’aime beaucoup. Néanmoins, les comédiens sont parfois trop « suisso-suisses ». Leurs blagues ne touchent que leur propre public. J’ai davantage l’habitude des salles francophones où il faut éviter la multiplication des références à notre pays d’origine.


Source : http://www.leregional.ch/N94430/-je-ne-prends-ni-cortisone-ni-medicaments.html

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